Vincent Gobber

Vers un nouveau référentiel du métier de DAC | FNADAC

Fruit d’une réflexion collective, cet ouvrage éclaire les différentes facettes du métier de directeur des affaires culturelles ainsi que les nombreuses évolutions sociétales (démocratiques, culturelles, numériques, environnementales) et leurs impacts (sociaux, professionnels, économiques, etc.) auxquelles il est aujourd’hui confronté.

En octobre 2022, lors des 6e Assises nationales des directeurs et directrices des affaires culturelles (Dac) organisées à Sète par la Fédération nationale des associations de directeurs et directrices des affaires culturelles (Fnadac), les participants étaient conviés à un atelier d’intelligence collective sur « le référentiel métier de Dac ». Ce temps de travail allait servir de socle à un ambitieux projet : la rédaction d’un ouvrage dont l’intitulé choisi, Vers un nouveau référentiel du métier de Dac, sous-tend l’idée d’une profession en constante évolution. « Durant les trois dernières années, celle-ci a été traversée par de profonds bouleversements : la pandémie, qui a obligé les Dac à réinventer leur relation aux usagers par le truchement du numérique, les transformations sociétales et environnementales, ainsi que la crise économique subie par les collectivités territoriales et donc la tentation de faire de la politique culturelle une variable d’ajustement », explique le président de la Fnadac, Christophe Bennet. Quand on ajoute à cela les récentes réformes territoriales – loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (MAPTAM), et loi portant sur la Nouvelle Organisation Territoriale de la République (NOTRe) qui a maintenu la compétence partagée entre les différentes collectivités en matière culturelle – on saisit toute la difficulté à apporter une définition unique et commune de la fonction. « Entre le quotidien vécu par le Dac d’une métropole et celui d’un responsable culturel d’une petite ville qui dirige parfois également une médiathèque ou un conservatoire, l’écart est considérable, fait valoir Christophe Bennet. Nous nous sommes toutefois focalisés sur ce qui les réunissait plutôt que sur ce qui les séparait ».

Ce premier chapitre sur « la (re)définition du métier de Dac » est suivi de cinq autres abordant les différentes missions qui incombent à ces « généralistes de la culture », les clarifiant mais aussi les ajustant aux enjeux actuels. Parmi elles, figurent la relation aux publics du territoire et une implication dans la démocratie culturelle – qui a succédé à la vaste entreprise de démocratisation opérée dans les années 80 – via la mise en œuvre des droits culturels. L’ouvrage rappelle, d’autre part, que le Dac pilote une politique qui se situe à la croisée d’autres politiques publiques, et explore sa relation aux élus. Si le risque d’une ingérence de certains maires ou présidents de conseils régionaux dans la politique culturelle, voire dans les programmations, n’est pas éludé, le président de la Fnadac souhaite surtout délivrer un message précis. « L’important est de faire comprendre aux élus que le Dac et l’adjoint à la culture mènent un combat similaire et doivent agir dans la même direction, souligne-t-il. Sinon, la culture sera sacrifiée sur l’autel des économies budgétaires ».

Appelé à être partagé dans les cercles professionnels des Dac, ce livre blanc vise aussi à parfaire la connaissance des recruteurs (élus et directions générales des collectivités) et servira, par ailleurs, de support aux opérateurs de formation initiale ou continue, comme le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), partenaire de longue date de la Fnadac, et les universités ; lesquels pourront ainsi revoir et enrichir le contenu de leurs enseignements, à destination des agents publics comme des étudiants en Master, parfois insuffisamment sensibilisés aux métiers de la fonction publique territoriale et notamment ceux liés à la culture. L’autre vertu enfin – et non des moindres – d’une telle publication est de permettre à l’ensemble des Dac de réinterroger leurs pratiques, et à ceux confrontés à des difficultés de s’extraire d’un certain isolement. « Nous aimerions les convaincre de rejoindre notre réseau, en leur montrant notre capacité à produire des contenus et à imaginer des solutions pour résister à l’adversité », conclut Christophe Bennet, annonçant une mise à jour régulière de l’ouvrage, afin de relever l’un des principaux défis à venir, thème d’ailleurs des Assises de Sète : passer de la transformation de la culture à la culture de la transformation.

Source : Vers un nouveau référentiel du métier de DAC – Actualité fonction publique


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