
Les pratiques de tissage autochtones mobilisent depuis longtemps des savoirs ancestraux, pourtant la recherche a souvent réduit ces processus aux seuls objets qui en résultent, considérés principalement pour leur beauté apparente. Cette approche repose généralement sur un « langage matériel disciplinaire » stagnant, « basé sur la séparation d’avec la terre, la communauté, l’ancestralité et le temps cosmologique », qui échoue à reconnaître la complexité de ces pratiques. Les universitaires qui étudient les cultures matérielles autochtones contemporaines déjouent cette approche réductrice en mettant plutôt l’accent sur la manière dont les pratiques de tissage servent à documenter et à revitaliser la mémoire.